TRADITION

LE BOUQUET PROVINCIAL

Le Bouquet Provincial est un rassemblement traditionnel de tir à l’arc. Tous les ans, de nombreuses compagnies se rejoignent en général dans un village ou une ville de Picardie ou d’Ile-de-France.
La participation au Bouquet Provincial est obligatoire pour les archers du Nord, de Picardie, d’Ile-de-France et de Champagne-Ardenne qui souhaitent participer au Championnat de France Beursault.
Tous les ans, de manière générale en Mai, un grand défilé est donc organisé dans la localité de la Compagnie organisatrice.
Traditionnellement, la journée commence par l’accueil des drapeaux des différentes compagnies (ce sont en quelques sortes les armoiries ou le fanion de la compagnie mis sur une bannière ou un drapeau).
Puis vient la parade des compagnies à-travers les rues de la ville. En première position, nous retrouvons les jeunes filles en blanc dont les plus âgées portent le bouquet de fleurs traditionnel et le vase offert par le Président de la République à la compagnie qui reçoit le bouquet (autrement dit la compagnie organisatrice), puis la compagnie organisatrice, suivie de celle ayant accueilli le bouquet l’année précédente, puis viennent les autres compagnies. Celle de Soissons, se situe normalement dans le début du cortège puisqu’elle est la compagnie Colonelle de toutes les autres compagnies.
Le drapeau de chaque Compagnie se trouve en tête de chaque délégation, les archers se trouvent derrière en rang.
Suite au défilé, tous les archers sont conviés à une messe à laquelle le drapeau est obligé d’assister. En fait, l’archerie tient son origine dans un milieu très catholique et une volonté générale des archers nous permet de maintenir encore certaines traditions.

 

LE TIR DE LA SAINT-SÉBASTIEN

a – La saint Sébastien

Tous les ans, aux alentours du 20 janvier, les compagnies de tir à l’arc fêtent la saint Sébastien. Voici comment cela se passe chez les Compagnons du Lys:
Tout d’abord, les archers se réunissent dans la Mairie et a lieu la remise de l’écharpe de la compagnie aux nouveaux tireurs et, s’il y a lieu, les nominations d’Aspirants ou d’Archers, deux grades successifs pour les tireurs. Ensuite, tout le monde se rend en défilé, précédé du drapeau de la compagnie, à l’église pour entendre la messe en l’honneur de saint Sébastien avec la participation de l’harmonie d’un village de la région. A la sortie : défilé de la compagnie précédée de l’harmonie jusqu’à la Mairie où une réception est donnée pour les officiels présents avec vin d’honneur et où une aubade est donnée par l’harmonie. Enfin, les tireurs et les invités se rendent dans un restaurant pour un banquet.

b – Les chevaliers de saint Sébastien

Les compagnies d’arc, qui jouèrent un rôle important dans la lutte contre l’envahisseur anglais, furent très nombreuses en Picardie, Champagne et dans le Nord, et toujours doublées de confréries religieuses très respectées ; plusieurs Roi de France en furent membres : Henri II, François II, Charles IX, … Leur importance décrut peu à peu pour disparaître à la révolution, les compagnies étant dissoutes en 1790. Néanmoins celles-ci renaquirent une fois les événements calmés. Quant à la confrérie de saint Sébastien, si tous les tireurs du début de ce siècle en faisaient partie, seuls quelques tireurs peuvent aujourd’hui se targuer du titre de chevalier de saint Sébastien, un tireur n’étant admis que s’il fait preuve de qualités importantes de probité et de courtoisie.

 

La vie de saint Sébastien

Saint Sébastien naît aux alentours de l’année 260 à Narbonne, d’un noble du pays et d’une dame de Milan, tous deux fervents chrétiens. Peu après, les parents de Sébastien s’installent à Milan où est donc élevé celui-ci.
Lorsqu’il atteint l’âge adulte, la 9ème persécution envers les chrétiens éclate à Rome. C’est donc vers Rome que se dirige Sébastien afin de mettre sa foi à l’épreuve.
Bien que n’ayant aucune attirance pour le métier des armes, il s’engage dans l’armée afin d’avoir les mouvements plus libres et des entrées faciles, ce qui lui permet de venir plus aisément en aide aux chrétiens martyrisés.
Dans le même temps, il est remarqué par l’empereur Dioclétien qui le prend en amitié et le nomme capitaine d’un détachement de sa garde.
La foi profonde de Sébastien lui permet de réaliser plusieurs guérisons miraculeuses : Zoé, femme de Nicostrate, était muette depuis 6 ans ; l’application de la Croix sur les lèvres lui rend la parole ; Chromace, préfet de Rome, souffrait des atteintes de la goutte ; Sébastien le guérit et le baptise, lui et toute sa famille. Environ 1400 soldats suivent alors son exemple.
En 288, Dioclétien lui reproche sa conduite et tente de le persuader d’abjurer sa foi, Sébastien refuse. Dioclétien ordonne alors aux soldats Mauritaniens – habiles à l’Arc – qu’il commandait de se saisir de lui et de le mettre à mort. Il est alors lié à un arbre (ou une colonne) et ses archers lui tirent dessus puis le laissent pour mort. C’est alors qu’une femme du nom d’Irène, veuve du saint martyr Catule, venant pour donner une sépulture à saint Sébastien, s’aperçoit qu’il respire ; il est vivant ! (Certains pensent que ses hommes, en raison de l’affection qu’ils avaient pour lui, évitèrent soigneusement de toucher un organe vital).
Transporté chez Irène, celui-ci guérit promptement et se rend devant l’empereur afin de lui reprocher sa conduite et son incroyance. Celui-ci le fait alors assommer à coup de massue et ordonne que l’on jette son corps dans les égouts de Rome, cela se passe le 20 janvier. Mais une chrétienne du nom de Lucine le trouve et le fait enterrer, une église sera construite sur son tombeau.

 

Le culte de Saint-Sébastien

Initialement, saint Sébastien était un saint fondateur ; c’est au 7ème siècle qu’il devient un saint guérisseur ; en 680, il est invoqué pour délivrer Rome d’une grande peste et garde un rôle protecteur au moyen-âge ; au 14ème siècle, plus du tiers de la population disparaît à cause d’une grande épidémie de peste noire.
Saint Sébastien est le patron des archers et en 825, sous le règne de Charles le Chauve, le Pape Eugène II confie aux archers le transfert des reliques du saint dans l’abbaye royale de saint Médard, à Soisson.
Saint Sébastien est également le patron des marchands de ferraille et des « confréries de charité ».

LE TIR DU ROY OU TIR DE L’OISEAU

C’est certainement une des manifestations les plus anciennes de l’archerie. Elle perdure aux travers des siècles. Dans l’Iliade d’Homère et l’Énéide de Virgile, on trouve déjà des récits relatant ce genre de tir : un oiseau vivant était fixé à l’extrémité d’un mat dressé, et permettait de déterminer le meilleur des tireurs.
Si l’oiseau à une certaine époque était vivant, il fut vite remplacé par un oiseau de bois ou de carton. Nos ancêtres disposaient cet oiseau sur le haut d’une perche ou sur les branches d’un arbre. Cette pratique portait le nom de jeu du papegay, qui reste encore de nos jours très prisé dans le nord de la France et en Belgique. Papegay signifie perroquet.
Au moyen-âge cet oiseau était vert, ce qui pouvait rappeler le perroquet.
L’évolution de la société, l’organisation des Connétablies et des Compagnies pour la défense des villes ont fait de ce tir une épreuve annuelle fixée, selon les régions, au dimanche de la mi-carême ou au premier dimanche du mois de mai.
Celui qui abattait cet oiseau était honoré et déclaré Roy de la Compagnie. Il bénéficiait alors, de la part de la ville, des privilèges d’exemption de charges pour l’année en reconnaissance des actions de défense de la ville. Les Compagnies ne vivaient à l’époque, que des fonds propres de leurs archers.
Dans le cas où l’oiseau était abattu trois années de suite par le même archer, celui ci était déclaré Empereur à vie de la Compagnie et en conséquence exempté de charges également à vie.

De nos jours les privilèges du Roy restent nombreux : dans toutes manifestations traditionnelles, dans les parades, il est en tête derrière le porte-drapeau, il débute dans sa Compagnie tous les tirs traditionnels, il préside l’assemblée annuelle et sa responsabilité est d’entretenir l’allée du Roy dans le Jardin d’Arc.
D’un tir à la vertical (tir à la perche), le tir est devenu horizontal. Un oiseau de bois est posé sur un support et s’offre ainsi à l’habileté du tireur le plus chanceux. L’oiseau présente aux archers un corps de 5 cm de hauteur sur 2.5 cm de largeur. Il est placé à 50 m du pas de tir.
Lorsqu’il est touché par une flèche, il doit porter l’impact de la flèche qui l’a touché. C’est le Capitaine avec quelques Chevaliers ou anciens de la Compagnie qui décident si le coup porté est bon.

 

Déroulement du Tir

A l’heure dite, la Compagnie se retrouve au Jardin d’Arc pour l’Abat Oiseau. Le Capitaine ou le Censeur de la Compagnie s’assure que les dettes et différends sont réglés afin que tout le monde participe dans une ambiance sereine.
L’ordre de tir est établi : l’empereur (s’il y en a un), le Roy, le Capitaine, les Officiers, les Chevaliers par ordre d’ancienneté de réception, les archers par ordre d’ancienneté ou de tirage au sort. Toute la Compagnie se regroupe près du pas de tir et derrière le drapeau, en ordre, remonte l’allée du Roy vers la butte de l’Oiseau pour un solennel salut des buttes en hommage à tous les archers disparus et vivants, puis c’est le retour vers le pas de tir par le même chemin et dans le même ordre.
Le tir peut commencer. Le Roy se place au pas de tir et lance sa première flèche sans oublier le traditionnel « Mesdames, Messieurs, Archers, je vous salue », puis dans l’ordre chaque archer tire sa flèche.
Quand chacun des archers de la Compagnie a tiré sa flèche, tout le monde se retrouve sur le pas de tir et relance sa flèche, dans l’ordre défini, vers la butte de l’Oiseau. Dès que l’Oiseau est touché, le Capitaine (si ce n’est pas lui qui a fait tomber l’Oiseau) accompagné d’un officier va constater si le coup est bon. L’ Oiseau doit être marqué nettement par la flèche, sans équivoque possible. Le tireur reste au pas de tir en attendant la décision.
Si le coup est jugé mauvais, on replace l’Oiseau et l’on continue le tir.
Si le coup est reconnu bon, drapeau en tête, suivi du Capitaine qui porte l’Oiseau abattu et la flèche meurtrière, toute la Compagnie remonte alors l’allée du Roy en direction du nouveau Roy pour lui rendre les honneurs et lui remettre les Joyaux du Roy : la flèche, l’Oiseau et l’écharpe.
Le capitaine tient alors ce type de discours :
Silence et chapeau bas!
Au nom de Saint Sébastien, Martyr du jeu de l’arc, ce jeu si noble et si franc, auquel il n’y a aucune tromperie,
Sire ! Vous qui avez mis le coup du Roy, voici le prix, je vous le présente.
Un genou en terre vous mettez et chacun avec moi va crier :Vive le Roy !
Ce verre de vin, je vous le donne et, de crainte que vous soyez empoisonné, je vais y goûter le premier.
Et criez avec moi : Vive le Roy !
Le Roy se doit de donner la partie du Roy pendant son règne selon des modalités à sa convenance

 

LE KYUDO

soldat_JaponaisLe Kyudo est un art martial qui vient du Japon. Mais pourquoi parler d’un art martial dans ce site?
Eh bien c’est parce que le Kyudo est un art basé sur le tir à l’arc. C’est en fait une pratique traditionnelle du tir à l’arc qui est née au Japon. Le Kyudo tient ses origines des Samouraïs du Japon médiéval, mais aussi de rites traditionnels de la même époque, religieux ou laïcs, où l’arc occupait une fonction symbolique importante.

Cette discipline se différencie du tir à l’arc que nous connaissons par son influence Zen. Cette pratique est vraiment une philosophie et donc de ce fait, aucune importance n’est accordée à la compétition.

Le Kyudo se pratique sans adversaire direct, il peut ainsi être considéré comme un combat contre soi-même. Le but est en fait de réussir à atteindre le mouvement pur, voire parfait, demandant le minimum de tension musculaire et le maximum d’énergie développée.

Quelques valeurs terminales sont recherchées dans le Kyudo: la beauté (harmonie et limpidité des mouvement), la vertu (toujours avoir une même humeur quelles que soient les circonstances) et la vérité (limpidité de l’arc).

Très populaire en Asie (surtout au Japon), cette discipline compte de plus en plus d’adeptes en Europe et en Amérique.

 

Littéralement, le Kyudo vient de « Kyû » : Arc et de « Dô » : L’art, la Voie.

Par conséquent, le Kyudo peut se traduire par « La Voie de l’Arc ».

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